Le front appuyé contre le métal glacé il respire lentement, cherchant à ralentir son cœur emballé par l’émotion.
Lui vient en tête une phrase de sa femme lorsqu’elle a appris qui il accompagnait:
« Elle n’est pas mauvaise, elle est juste. Dangereuse, sûre d’elle et juste. »
-Pauvre conne, murmure-il.
Encore une qui a rallié Sa cause. Il inspire un grand coup et ouvre la porte matraque en avant, prêt à se défendre pour sa vie mais une fois ses yeux habitués à l’obscurité du fourgon il ne trouve qu’une jeune femme assise bien droite sur son banc de métal, les cheveux en bataille et un immense sourire de gratitude aux lèvres.
« Merci, j’ai cru mourir de soif »
Au mot « mourir » le policier frémit en pensant à ce qu’elle avait du faire plusieurs fois dans sa vie et se pencha sur la contemplation de ses chaussures coquées, évitant le regard transperçant de la jeune femme, qui malgré les ecchymoses sur tout son visage, gardait un charme enfantin presque sauvage.
Ils ne l’avaient pas loupée les gardes-chiourme une fois qu’ils avaient réussi à l’épuiser et à l’acculer. (Du verbe acculer, c'est-à-dire coincer dans un coin, je précise au cas ou hein ^^ »)
Il lui tend la bouteille d’eau et elle s’en empare avidement avant de la porter à ses lèvres désechées, boit quelques gorgées puis le regarde et murmure d’une voix faible et hésitante :
« J’ai peur tu sais… Je me demande si à la fin de ce service militaire on me renverra autre part pour que toute la France m’oublie. Pour que jamais je ne puisse retrouver les gens que j’aime… Ils ont si peur de la vérité… Alors qu’a la base, ce n’est pas ma faute... J’avais rien demandé moi… Pourquoi faut-il que tout ça existe ? Pourquoi est-ce arrivé à moi ? »
Elle parlait à présent pour elle même, fixant la paroi d’en face, un regard triste et mélancolique, continuant à marmonner des paroles de moins en moins compréhensibles.
L’homme lui laissa la bouteille et sortit silencieusement du fourgon, la laissant à ses pensées. Il remonta à l’avant, fixa son coéquipier et murmura :
« C’est pas humain ce qu’on fait à cette petite. »
L’autre le rabroua :
« Parce que ce qu’elle a fait elle était humain ?! »
Ils se firent silencieux, le fourgon reprit de la vitesse et ils retrouvèrent une grande route.
Chacun occupé à ses pensées.
Plus tard une petite voix demanda combien de temps il faudrait encore rouler.
Plus de la nuit et la moitié de la journée apparemment...





Commentaires