Un coup de sifflet poussé dix minutes plus tard avertit les jeunes du début de l’entraînement.
Ash rejoint Bill, Hanz et Jim tandis que Tom est harcelé de questions par Karl.
La brune s’immobilise et fixe Tom jusqu'à ce qu’il la remarque. Un frisson glacé le traverse, elle semble pouvoir accéder à la moindre parcelle de son âme.
Karl se rend compte que son interlocuteur ne l’écoute plus et se retourne pour tomber sur Ash qui les fixe quelques mètres plus loin. Il la détaille de haut en bas, ces vêtements militaires lui vont comme un gant. Il ne la déteste qu’encore plus.
Sale pétasse fouineuse qui lui a brisé son quart d’heure de gloire la veille. Elle ne s’en tirera pas comme ça.
Il s’avance vers elle d’un pas menaçant sortant insultes et menaces. Elle continue de fixer le beau blond qui tente à chaque instant de dévier son regard vers le sol, mais il sent une emprise sur lui-même, il sent qu’elle ne le laissera pas.
Karl est juste devant elle, et voyant sa non-réaction, il se place entre Tom et elle, coupant son influence visuelle. La jeune femme lève enfin les yeux vers lui, laissant le vent frais balayer les quelques mèches de cheveux parsemant son visage.
Elle semble revenir à la réalité, et entend à nouveau le brouhaha des jeunes l’entourant, ainsi que les insultes du jeune homme.
Lentement ses yeux verts glissent le long de son visage, passant par ses lèvres trop fines, éclairées par le soleil matinal, bien trop fines pour être belles. Puis arrivent à ses yeux, trop ronds, trop clairs.
On dit que le physique ne fait pas la personnalité.
Peut-être, mais dans son cas il est moche et méchant. Un point c’est tout.
Elle le laisse l’insulter, patiente, ne recule pas d’un centimètre et le fixe inlassablement. Finalement il s’arrête. Surpris de ce mutisme soudain.
Il l’observe, délicieuse, calme, souveraine. Des traits fins sans l’être de trop. Ce n’est pas un canon de beauté, mais elle est belle à sa manière. Sauvage et puissante.
Mais avant tout elle reste une « gonze », et les « gonzes » ont toujours du la fermer devant lui.
Elle entame un sourire. Pourquoi un sourire à ce moment ? Il n’a duré qu’une fraction de seconde.
A présent elle cligne lentement des yeux, battant des paupières ornées de longs cils noirs. Lorsqu’elle les rouvre son regard a changé.
Il est bien plus sombre qu’avant. Karl sursaute et recule.
Mais c’est trop tard.
Un genou enfoncé dans son ventre le fait se plier en deux, il a son visage au niveau du ventre de la jeune femme. Des larmes montent lentement à ses yeux, il veut la regarder, lui montrer qu’elle le paiera, mais il ne voit qu’un poing s’approcher à grande vitesse de sa mâchoire.
Il vole et s’étale sur le gravier. Son souffle est coupé.
Saloperie de pétasse française.
Il regarde les arbres au dessus de lui, secoués par le vent. Le soleil fait miroiter les feuilles, leur offrant des milliers de teintes différentes.
Son souffle ne revient pas. Il sent qu’elle s’approche.
Il peut même imaginer la scène. Tous les regards tournés vers elle, qui s’avance, sans se presser. Ses hanches glissant de droite à gauche à chaque pas. Il la voit à présent, elle s’est assise à cheval sur lui.
Elle va l’attraper par le col et à nouveau le frapper. Il faut qu’il bouge, mais le regard vers clair translucide l’immobilise. Elle l’attrape, non par le col mais par le cou. Elle serre, elle serre, lui murmurant des phrases incompréhensibles à l’oreille.
Il sent sa gorge s’écraser, il sent son souffle se bloquer. La panique le prendre.
Elle va le tuer là, à même le gravier d’une putain d’école militaire.
Ses yeux se troublent, il commence à partir, mais elle desserre son emprise.
Elle le regarde toujours. Il a comprit.
Elle ne le tuera pas, elle veut simplement lui faire peur.
Un souffle de soulagement sort de sa gorge. Il se détend. Elle le regarde presque comme une mère à présent. Elle continue de desserrer son emprise…
Un coup de feu. Elle se redresse brusquement, le laissant choir à nouveau sur le gravier. C’est le Chef qui est arrivé.
)
Mais faut dire que c'est tellement
faciiiiiile (
bisous ^^




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