Accueil Date de création : 22/11/07 Dernière mise à jour : 22/06/08 14:53 / 68 articles publiés
 

Article 31° Histoire  posté le jeudi 13 décembre 2007 11:43

Un coup de  sifflet poussé dix minutes  plus  tard  avertit les jeunes  du début de  l’entraînement.

Ash rejoint Bill, Hanz et Jim tandis que  Tom est harcelé de questions par Karl.

 La brune s’immobilise et fixe  Tom jusqu'à ce  qu’il la remarque. Un frisson glacé le traverse, elle  semble pouvoir  accéder  à la  moindre  parcelle de son âme.

Karl se  rend  compte  que  son interlocuteur ne l’écoute plus et se retourne pour  tomber sur  Ash qui les  fixe quelques mètres  plus  loin. Il la  détaille de  haut en bas, ces  vêtements  militaires  lui vont comme  un gant. Il ne  la déteste  qu’encore plus.

Sale  pétasse  fouineuse qui lui a  brisé  son quart  d’heure de gloire  la  veille. Elle  ne  s’en tirera pas  comme  ça.

Il s’avance  vers  elle  d’un pas  menaçant sortant insultes et menaces. Elle  continue de fixer le beau blond qui tente à chaque  instant de dévier son regard vers  le  sol, mais  il sent  une  emprise sur lui-même, il sent  qu’elle ne  le laissera pas.

Karl est juste devant elle, et  voyant  sa  non-réaction, il se  place entre  Tom et  elle, coupant  son influence visuelle. La  jeune femme  lève enfin les  yeux  vers  lui, laissant  le  vent frais balayer les quelques mèches de cheveux parsemant son visage.

Elle  semble  revenir  à la  réalité, et  entend  à nouveau le  brouhaha des  jeunes  l’entourant, ainsi que  les  insultes du jeune  homme.

Lentement ses  yeux verts glissent le long de son visage, passant  par  ses  lèvres  trop fines, éclairées  par  le  soleil matinal, bien trop fines  pour  être belles. Puis  arrivent  à ses  yeux, trop ronds, trop clairs.

On dit  que  le  physique ne fait  pas  la  personnalité.

Peut-être, mais  dans  son cas  il est moche  et  méchant. Un point  c’est tout.

 Elle  le  laisse  l’insulter, patiente, ne  recule pas  d’un centimètre et  le  fixe inlassablement. Finalement il s’arrête. Surpris  de ce  mutisme  soudain.

Il l’observe, délicieuse, calme, souveraine. Des traits  fins sans l’être  de  trop. Ce  n’est pas  un canon de  beauté, mais  elle  est belle  à sa  manière. Sauvage  et  puissante.

Mais  avant  tout elle  reste  une  « gonze », et  les  « gonzes » ont toujours  du la  fermer  devant  lui.

Elle  entame  un sourire. Pourquoi un sourire à ce  moment ? Il n’a  duré qu’une  fraction de  seconde.

A présent  elle  cligne  lentement  des  yeux, battant des paupières ornées  de  longs  cils  noirs. Lorsqu’elle les  rouvre son regard a changé.

Il est bien plus sombre qu’avant. Karl sursaute et recule.

Mais  c’est trop tard.

Un genou enfoncé dans  son ventre  le  fait  se  plier  en deux, il a son visage au niveau du ventre  de la  jeune femme. Des  larmes  montent lentement à ses  yeux, il veut la regarder, lui montrer  qu’elle  le  paiera, mais il ne  voit  qu’un poing  s’approcher  à grande  vitesse de sa  mâchoire.

Il vole et s’étale sur  le gravier. Son souffle  est coupé.

Saloperie de pétasse  française.

Il regarde les arbres au dessus  de  lui, secoués par  le  vent. Le  soleil fait  miroiter les feuilles, leur  offrant des  milliers de teintes différentes.

Son souffle  ne  revient  pas. Il sent  qu’elle  s’approche.

Il peut  même  imaginer  la  scène. Tous  les  regards  tournés  vers elle, qui s’avance, sans  se  presser. Ses  hanches glissant de droite  à gauche à chaque pas. Il la  voit à présent, elle s’est assise  à cheval sur lui.

Elle  va  l’attraper par le col et  à nouveau le  frapper. Il faut qu’il bouge, mais  le regard  vers  clair translucide l’immobilise. Elle l’attrape, non par le col mais  par  le  cou. Elle  serre, elle serre, lui murmurant des  phrases  incompréhensibles  à l’oreille.

Il sent sa  gorge s’écraser, il sent  son souffle se  bloquer. La  panique  le  prendre.

Elle va  le  tuer  là, à même le  gravier  d’une  putain d’école  militaire.

Ses  yeux se  troublent, il commence  à partir, mais elle  desserre son emprise.

Elle  le regarde  toujours. Il a  comprit.

Elle  ne le tuera pas, elle  veut  simplement lui faire peur.

Un souffle de  soulagement sort  de  sa  gorge. Il se  détend. Elle le  regarde presque comme  une mère à présent. Elle  continue  de  desserrer son emprise…

 

Un coup de  feu. Elle se  redresse brusquement, le  laissant  choir  à nouveau sur  le  gravier. C’est le Chef qui est arrivé.

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Article 32° Histoire  posté le vendredi 14 décembre 2007 12:40

Ash se  redresse, et  se  retourne  pour  voir  qui a  tiré  le  coup de  feu.

Malgré le treillis qu’elle  porte elle  semble  habitée par  une  grâce  indescriptible. Son sursaut  a  à peine  fait  mouvoir  les  graviers  sous  ses  lourdes chaussures  militaires.

C’est le  Chef. Son air  absolument  stupide  affiché  bien net  sur son visage. Il tient  une arme  de  poing et  la  dirige  vers  elle, menaçant.

Elle  cligne  lentement  des  paupières. Ou est-elle  tombée pour qu’un sergent  ait le  droit  d’user  d’une arme  à feu au milieu de  jeunes ?!

Ah oui, question bête…

En Allemagne  dans  un camp de  repris  judiciaires et  de  délinquants.

Elle  ne bouge pas  d’un centimètre. Lui, vocifère que  son comportement  est  inadmissible  et tout  le  tintouin habituel.

Plus  loin Jim s’est approché de Tom par  derrière, et  glisse  sa  main sur  son bras  nu. Le  blond  se  retourne d’un mouvement brusque, interloqué. Puis  se rend compte que ce n’est  que l’Espagnol.

Il affiche  un visage  soulagé malgré les évènements  qui se  déroulent  à quelques  pas. Jim ne  sourit pas et  s’avance simplement d’un pas encore, effleurant son torse et  ses  lèvres :

-Je  crois que  tu devrais  faire  attention aux  personnes avec  qui tu traînes. Bill ne  te  fera rien quoi qu’il arrive… Mais  Ash…

Il fait  une  grimace. Tom souffle  lentement sur  ses  lèvres comme si de  rien était, faisant  fuir  le  beau brun.

Il le  regarde  s’éloigner et retourner au premier rang de  l’engueulade, et  croise  le  regard  de  Bill.

Ce  dernier est sombre, presque souffrant… Empli de  reproches… 

Tom détaille le brun, fin, délicieusement  cambré dans  ses  vêtements. Il remonte vers ses  yeux, une  lueur  de  désir  dans  le  regard.

Tous  deux frissonnent et  reportent vite leur  attention vers  le Chef.

Ce  dernier  a  posé  le  canon de  son arme  sur  le  front  de  la  jeune  femme. Elle  ne  bouge  pas  et  ne  semble  pas  plus  effrayée que  si on lui volait  une de  ses  précieuses  tartines  à la  figue.

Elle  le regarde, l’insulte en français  en gardant  un ton plus que  doux. Elle aurait  récité  un poème que  ça  aurait  eu le  même  effet.

Hanz je tiens  à te  dire  que  si ce  charmant bâtard  ose  tirer, tu auras  l’obligation de  le  tuer  pour  moi. Mais  en attendant, ne  t'inquière pas;  il ne  le  fera  pas. Je le  sais.

Le  silence  demeure  total, personne ne  bouge, même  Karl qui s’est relevé reste  derrière  Ash sans  bouger. Il aurait  très  bien pu se  désigner  responsable  si la  peine avait  été  injuste  mais  légère.

Mais  là, un canon sur  le  front  c’est hors de  question.

Ash continue  de  fixer  le  Chef, ses  yeux se  plongent au fin fond  de ses pupilles, semblant  sonder  son âme. Elle  esquisse  un léger sourire  que  lui seul remarque. C’est trop facile. Maintenant  il y croit, quel crétin…

Elle  approfondit encore son regard, étirant ses yeux en amande, sans cligner  une  seule  fois. Il porte  sa  main à son front. Et  balaie  une  sueur  froide  invisible qu’elle  semble  avoir  provoqué. Il relève  le  canon vers  le  ciel et  éclate  d’un grand  rire  que  seuls  lui et  la  jeune  femme  devinent  sa  fausseté. Il se  tourne  vers  l’assemblée :

-Bon, vous  l’aurez  remarqué, vous êtes  tous  des  cas  assez  spéciaux. Je  doute que  vous  arriviez  à vous  retenir  de  vous  battre  comme  des sauvages même  si l’on exerce  une surveillance  sur  vous. C’est pourquoi les  hommes  ici présents, Ash détaille de  haut  en bas  huit  militaires  ultra baraqués, seront  chargé  de  faire  régner l’ordre. Ils  ont  droit  de  tirer  si vous  êtes  menacés. Ne  vous  inquiétez pas, il n’y a  aucune  exécution ici, au pire, vous aurez  un membre en moins  haha.

Les  huit hommes sourient  stupidement  à ces  mots. Certains  militaires  ont fait  des années  d’études, mais  ceux  là n’ont  du faire qu’une  formation spéciale  Gros  Bourrins.

-Beaucoup d’entre vous ont  échappé à la  prison en venant  ici. Mais  mettez  vous dans  le  crâne  que  je  ferais tout, TOUT, pour  que  ce  soit  encore  pire ! Et  maintenant  tour  du parc, AU TROT !

 

 

Edit: Bienvenue à Yaya, et  toutes  mes excuses  à elle si je  l'ai vexée  en faisant  passer  les  militaires  pour  des  abrutis  ( ) Mais  faut  dire  que  c'est tellement  faciiiiiile  ( ). Mais  t'inquiète pas Yaya, ce  n'est qu'une  fic, j'ai des connaissances  militaires, très  intelligents et  très  sympas  ^^. Mais  j'aime bien les  faire  passer  pour  des  teubés de la vie  . Mais  bon pour  me  rattrapper je te ferais  un personnage  militaire  inteligent  bisous  ^^

Et encore merci à toutes (et tous) pour  vos adorables  commentaires!

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Article 33° Histoire  posté le vendredi 14 décembre 2007 23:02

Voilà un quart  d’heure  que les  jeunes  courent  le  long  du chemin tracé. « Quand  vous  arriverez  à un campement, alors  vous serez arrivés. ». Tu parles, pas de campement en vue, et  les  huit fous  talonnent le groupe. Hanz, Jim, Bill et  Ash restent  ensemble.

A présent  c’est eux  contre  le  groupe, ils  le  savent.

Ils sont  traîtres de  nous  faire  courir  en rangers…

-Tu l’as  dit  ma  petite Ash, répond  Hanz qui tousse  comme  un vieux  fumeur.

Elle le  regarde  sans  sourire mais  lui fait  un regard  amical. Elle l’aime  bien, ce  grand  balourd, musclé  comme  une armoire, mais  sensible  comme  une fillette.

Bill les  regarde  malicieusement :

-Ca vous  dit  une pause ?

Personne ne répond  mais  tous  ont  les  yeux  qui brillent. Bill accélère le mouvement, pour  dépasser le  gros  du groupe, et  se  jette derrière le  premier  gros buisson qui passe  à sa  portée.

Jim le  rejoint  une fraction de  seconde  plus tard et  murmure proche  du fou rire :

 -J’aurais espéré moins écolier  comme méthode.

Hanz  arrive  ensuite, puis  Ash sur  ses  talons. Malheureusement cette  dernière se prend les pieds dans une racine et manque de s’étaler. Mais  Bill la rattrape  à temps, glissant son bras  dans  la  courbure de son dos et  la redressant délicatement. Elle  est à présent sur ses genoux.

Ils patientent le temps que le peloton finisse de passer. Ash tourne  son visage vers Bill et  se  retrouve  nez  à nez  avec  des  lèvres  plus  appétissantes que  jamais. Elle  retient son souffle, se  sentant  rougir  à vue  d’œil.

Bill lui contemple la jeune femme, si délicate, installée sur ses jambes malgré elle. Elle s’est  tournée  vers  lui, à présent  elle rougit  de  la  proximité de  leurs  visages.

Tu ferais  quoi si je  t’embrassais  maintenant ma  belle ?

Ash prend  un instant  pour  répondre le plus  sensuellement du monde, murmurant ses  paroles  si proches de ses  lèvres  qu’il peut  sentir  son haleine fruitée.

Je te castrerai pour m’avoir foutu la  honte  devant  nos amis, étant  donné  que  cette  fois  je  n’ai pas  un tube  de  crème  à l’arnica  à t’envoyer  dans le visage.

Elle  se  relève rapidement et vacille légèrement en arrière. C’est Jim qui la  rattrape cette fois :

-Eh ben alors, c’est qu’elle  est troublée la guerrière !

Ils rient  tous en cœur. (oui parce  que  mes  personnages rient aux blagues  merdiques c'est bien connu!)

Les tensions semblent  tombées. Jim murmure :

-Je ne comprend  pas  pourquoi Tom reste avec  eux… Hier pourtant il…

-S’il n’est pas  là c’est qu’il a  ses raisons, coupa  rapidement Ash.

Elle  n’en savait rien, mais  elle  sentait  que  Tom n’aurait pas tenu à ce  que Bill sache  qu’il s’était  inquiété pour  lui la  veille.

Ils  empruntèrent  un petit  sentier  forestier, pour  couper  court  à cette marche  plus  qu’éprouvante, et  tombèrent une  petite  heure  plus  tard  sur  le campement  encore  vide. Jim s’arrête et  fait  demi tour, repoussant  les  autres  dans la  forêt.

Y a encore  personne  on peut  se  reposer  tranquillement.

A ces mots les  quatre s’installent à même  le  sol, Bill s’assoie et  Ash s’allonge  sur  la mousse encore  humide, la  tête  sur  les  genoux  du brun.

Pour  elle il essaie  simplement  de  se  prouver  qu’il n’est pas  gay. Donc  elle  s’en moque, qu’il joue  avec  elle, il n’arrivera  à rien. Enfin… Plus  d’un an seule ça  laisse  des traces… Bill joue  doucement  avec  ses cheveux, effleurant  sa  joue du bout  des  doigts. Elle sourit.

Plus  loin  Jim et  Hanz  chahutent comme  des enfants, la  délicatesse  et  la  sensualité  en plus.

L’Espagnol se  roule  sur  le  sol comme  on se  roulerai dans  des  draps  de  soie  noire, attendant  un amant. Quelques  instants  plus  tard, Hanz  pose  la  question fatidique :

-Pourquoi êtes-vous  là ?

Tout  le  monde  se  fige, Ash ricane. S’il avait  posé  cette  question dans  sa  prison il serait  mort.  

Jim répond en premier, il a  braqué une boutique et  a fuit  pendant  trois  mois, lapidant tout  l’argent. Cependant  le patron au grand  cœur (et  au grand  porte feuille) a demandé  à ce qu’il ne  fasse  qu’une  service  militaire spécial, ici.

Bill raconte sa bagarre avec  son professeur, et les  menaces  qui pèsent  sur  lui à Berlin.

Vient  ensuite  le  tour  de la  française. Elle  sourit tendrement et  murmure :

-Vous ne voudriez pas  le savoir.

Un silence s’installe, et  Bill relance :

-Et  toi Hanz ? Qu’as  tu fait ? 

Le  grand  brun rougit et  baisse la  tête.

Détournement de mineur.

L’androgyne éclate de rire :

-Tu es  ici parce  que  tu t’es  tapé  des  minettes  mineures ?!!

Pas  des  min…

-Ils  arrivent, coupe Jim en tournant  la  tête  vers  le  campement. 

Tous  se  lèvent et rejoignent discrètement les  autres, sous le regard  courroucé de Tom, torse nu et trempé de  sueur. Bill se  permet  un regard  appréciateur sur  ce  torse  finement musclé, et  Ash le  dépasse en riant: "Grillé Billou, t'es  grillé"

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Article 34° Histoire  posté le samedi 15 décembre 2007 01:56

Le soir arrive, tout le  monde  est  crevé  de  fatigue. La  journée  a été  de  plus  en plus  éprouvante  au fil des heures.

Tom s’est acharné sur Bill après  qu’il l’ai vu le mater, Bill a  fini une  bonne  douzaine de  fois dans  les  orties à cause  de  Tom ou d’un autre du groupe de tête (parce  qu’il faut  pas  pousser mémé, mais  billou on peut),

Ash n’a  rien voulu savoir « les  querelles de couple  ça  me regarde pas ». D’autant  plus  qu’elle  était  occupée  à s’embrouiller  avec  Hanz qui la  retenait au vol à chaque fois qu’elle menaçait  de  sauter au visage du Chef après  qu’il lui ai sortit  quelque  vacherie  machiste.

Le tableau en devenait  presque  comique : Une bande  de  glands perdus en forêt, une  dizaine plantés autour  d’un grand  blond aux  lèvres  trop fines et  au cerveau trop étroit, un beau blond à tête de pieuvre et  un androgyne qui jouent  au chat  et  à la  souris, un brin de  femme qui tente d’arracher les  yeux  d’un vieux  militaire  bedonnant, un grand  brun aux  airs  asiatiques qui joue à l’airbag à chaque  fois qu’elle  tente de  frapper le  chef, et  enfin, un petit Espagnol, mort  de rire, du début  à la  fin de  l’après-midi.

En très gros, on peut  appeler cela  une  bonne  journée.

Bon d’accord. En très  très très gros.

 

Ash suit  de loin la  masse  de  mâles couverts de sueur sèche, et  ultra  odorante. Pas  de  douche avant  le  repas, elle  va  devoir les  supporter encore  une  petite heure avec  leur  vieille  odeur  de  chacal crevé abandonné  en plein soleil au bord  d’une  route.

J’exagère ? Si peu…

Tous  s’engouffrent dans  le réfectoire, soupe  au menu. Génial. Ash tire  une tête  d’enterrement au moins  jusque par terre  lorsqu’elle s’installe  à table, une  assiette  de  soupe et  trois  tonnes  de  pains sur  son plateau.

Elle  pousse  du bout  du doigt son assiette  jusque  le  bord du plateau, renversant au passage  l’atroce  soupe verte, et  commence  à classer  par  taille son pain.

Les trois  garçons l’observent, surpris. Bill se  penche  vers  elle, effleurant sa nuque puis  sa  clavicule  de la pulpe de ses  doigts :

-Ca va  pas  Ash ?

Un grondement sourd  lui répond :

-Cassetoitupueenplusjaimepaslasoupeeeee.

Hanz  et  Jim éclatent  de  rire, tandis  que Bill vexé  ne répond  plus  rien. Ash relève la  tête vers  les deux compères :

-Pas  de  jaloux hein, vous sentez  tout aussi mauvais si ce  n’est plus !

Bill retrouve  le sourire et  les deux  autres  boudent. Le repas  s’achève  dans le silence, le bel androgyne ne  peut s’empêcher de  lancer  des  regards  vers  le blond. Il a  lâché  ses dreads, elles  reposent  à présent  sur  ses épaules.

Qu’il est beau. Merde.

Bill plonge  son nez  dans  son assiette, il s’est fait  griller.

Ash se  permet  de  remarquer  que  pour  un hétéro il est bien réactif. Le  brun baisse directement les  yeux vers  son pantalon, mais  rien, pas  la  moindre  bosse.

Ash s’esclaffe  à côté  de  lui, elle  l’a  bien eu, et  il s’est fait  encore  griller.

Jim lui caresse lentement  la  jambe  sous  la  table :

-Ca  va  monsieur  l’hétéro ?

Bill en a  des  frissons, il s’y prend  bien le petit.

Ca  suffit  Jim, arrête  ça  tout  de  suite ! J’aime les femmes, même  Ash peut témoigner.

Ah non moi je  peux  témoigner  qui tu aimes  bien tripoter  les femmes ET les  hommes mon bichon !

Hanz  fixe  Ash, taquin :

-Et  toi ? Les  hommes  et  les  femmes ? Vu que  tu as  du passer  du temps enfermée au mil…

-Je te  déconseille de finir ta phrase Hanz, siffle-elle en français sans le  regarder. Elle relève  les  yeux vers  lui, ils  sont  presque  noirs.

Son humeur semble  avoir  chuté  d’un coup, il balbutie des  excuses  qu’elle n’écoute  pas, et file ranger  son plateau.

J’ai du rangement  à faire, et  ton lit  à préparer Bill.

–Je  reste dans ta  chambre  cette  nuit ?

–Oui je  vais  en parler  au vieux, il ne  dira  pas  non, il t’a  appelé  trois  fois  mademoiselle aujourd’hui.

Jim sourit, elle est effrayante  avec ses changements d’humeur, mais elle est adorable  au fond. Comment  ne pas  l’aimer ?

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Article 35° Histoire  posté le samedi 15 décembre 2007 02:44

Les  douches  ont  commencé, Bill entre dans  le  dortoir  une  fois tous  les  autres  jeunes sortis pour récupérer ses  affaires et  s’installer  chez  la  voisine.

 C’est classe  il est content, il a  une grande  armoire  pour  lui tout seul, et  une  coloc absolument pas  pudique persuadée  qu’il est gay.

Ca  le travaille  tout  de  même  cette  histoire.

Tandis qu’il range soigneusement  ses  t-shirt  sur l’étagère, ses  pensées vont  vers  le  beau blond. Il se  pensait hétéro, mais  il va  bien falloir  qu’il l’admette : il est bi.

 Super.

C’est un bon point. Il oscille de  la  tête, se  félicitant  mentalement  pour cet  effort. Bon d’accord, il est bi, mais  ce  garçon… Il le  déteste.

C’est une teigne, égoïste, cruelle, insupportable. Les orties franchement c’était  vache… Il s’en souviendra.

 Bill sourit  à sa voisine installée  sur le sol, qui attend patiemment que les  hommes  sortent  des  douches.

Dépêche toi j’aimerai vraiment aller me laver et me coucher Billou.

-Oui t’inquiète pas  je  ferais  vite. Les  autres  doivent  déjà avoir fini.

Il se  baisse  vers elle et  dépose  un baiser  sur  son front, elle  le regarde et lui sourit. Ce  sourire…

Si rare  et  pourtant  si présent  depuis  aujourd’hui. Elle  semble heureuse  parmi  eux. Peut-être  qu’elle  l’est.

Il passe  une dernière  fois  sa  main dans  ses  cheveux et  file  vers  la  salle  de  bain. Hanz  et  Jim sont  déjà au mode  rinçage.

Zut.

L’androgyne se  glisse  sous  l’eau chaude, dévoilant  à tous son corps  superbe, marqué  par  les coups de  la  veille. Il serre  les  dents, tout  son corps  lui fait  mal pourtant  il n’en dira  rien.

Les épisodes  de  la  nuit l’ont, marqué, mais  personne  n’a  remis cette  histoire  sur  le  tapis, il ne le  fera  pas  non plus. Trop fier. Trop honteux.

Hanz  le  contemple de  haut  en bas  sans  aucune  gène, malgré les  regards de  Jim. Il est si beau, sa  peau si blanche semble  presque  transparente, les bleus qui colorent  son corps semblent  mettre encore  plus  en avant  le blanc  laiteux  de  sa  peau.

Jim lève les yeux au ciel et traîne Hanz hors  des  douches, laissant  Bill dans  ses  pensées. Il reste là, les  yeux fermés sous  cette  douche  chaude, ne  les  rouvrant que  quelques  instant  pour  r’appuyer sur le  bouton. Tous  les  garçons le  détaillent.

Aussi beau qu’une  femme, des  courbes  magnifiques, un corps  svelte, et  ces gouttes d’eau qui le  font briller sous la  lumière. Il sent  leurs  regards  posés  sur  lui mais il les ignore. A quoi bon ?

Les  minutes  passent et le silence  se  fait. Il commence  seulement  à se  savonner, glissant ses  mains  pleines de mousse sur  sa  peau douloureuse, toujours les  yeux clos. Il entend  un nouveau souffle  dans  la  pièce.

Peut-être  Ash, peut-être  quelqu’un d’autre. Il ouvre les  yeux et voit  l’objet de ses pensées  les plus  folles glisser  sous le  jet, évitant de  tremper  ses  dreads  blondes. Tom ne  le regarde  pas.

 Pire  il l’ignore.

Pourtant  Bill ne  peut  détacher  son regard  de  son corps, fin lui aussi, mais ses  muscles  sont  finement  dessinés, et  sont  encore  plus  mis en valeur  par  un délicat  bronzage  doré. La  pièce  est vide de  monde, pleine  de  vapeur  d’eau. Bill continue  de  regarder  le corps se  mouvoir  sous  l’eau.

Ses  jambes  délicatement fuselées, ces  cuisses musclées, son s… Ho non. Si c’est ce  côté… Ca  veut  dire  que…

 -He  dis donc l’hétéro de  mes  deux, tu veux  un coup de  main pour  mater ?!  T’en as  pas  marre ?! Déjà toute  cette  journée, et  maintenant  tu mates ma queue dans  les  douches ?!

…qu’il l’a  vu. Oui il l’a  bien vu, et  d’ailleurs  il s’avance, l’air  mauvais.

Bill bredouille quelque  chose  d’incompréhensible et  recule. Mais  Tom l’attrape  par  le  cou et  le  colle contre  le  mur, serrant  fort sa  main sur  sa  peau. Il lui envoie  son poing  dans  l’estomac,

Bill serre  les dents  sous  la douleur, mais  aucun son ne  sort  de  sa  gorge. Il ne  peut  même pas  se plier  en deux.

Un second  coup et  Tom lui crache  au visage :

-Tu comptais faire  quoi hein ? M’allumer, puis m’humilier encore ?

Bill ne  répond pas, et  fixe  les  traits  du blond, déformés  par la colère  et un soupçon de  tristesse. Tom lui renvoie  un troisième  coup, moins  fort, et  continue  de  parler :

-Tu trouves  ça  drôle toi ?!  Tu as  aimé  me foutre  la  honte  hier ?! J’avais  rien demandé ! J’ai une  petite  amie sur  Berlin, et  je  l’aime. Ouai je  l’aime.

Il lève  les  yeux  vers Bill :

-Et  y a qu’elle  que  je  baise, y a  que d’elle  dont  j’ai envie.

Le  brun suffoque, et siffle :

-Menteur.

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