-Arrête de raconter des âneries Julien est tout ce qu’il y a de plus hétéro ! Elle s’immobilise, bouche entre ouverte, elle vient encore de faire une gaffe là. La honte. Appeler un prof qu'elle n'est pas censée connaitre par son prénom...
Un rictus ironique et empli de dédain déforme à présent le visage de Bill.
-T’en fais pas, tu ne m’apprends rien, marmonne-il en ajustant le col de sa chemise noire serrée sur son torse.
Il s’approche lentement de sa démarche féline et gracieuse, se penche vers elle et siffle entre ses dents.
-Tu sais quand il m’a plaqué son sexe contre la cuisse avant de me pousser sur le bureau il m’a murmuré « T’inquiète pas c’est de famille, écarte les jambes et prend le chèque »… Il fait une pause puis reprend lentement, ses lèvres effleurant celles de sa mère à chaque syllabe: Merci ma-man.
Le jeune homme se redresse, attrape une autre de ses vestes et sort en claquant la porte, laissant sa mère affalée au milieu du couloir. Qu’est-elle devenue ?
Elle, si beau mannequin de grands podium rattrapée par son age, à présent pute de luxe. Haha. Le vent tourne.
Bill dévale les escaliers, arrivé en bas il remonte légèrement son pantalon lui tombant sur les hanches qui dévoilait son tatouage, passe sur ses lèvres un baume taxé à sa catin de mère et sort son paquet de cigarettes.
Il avance dans la rue, ignorant les passants qui le dévisagent, tentant d’allumer sa clope avec le vent en biais.
« Encore un jeune qui se maquille ou va le monde non mais jvous le demande moi ! » marmonne une vieille accrochée à son sac à main comme si sa vie en dépendait.
Le jeune homme s’abaisse à sa hauteur, dévoile ses dents blanches dans un magnifique sourire et lui souffle la fumée dans le visage. La vieille tousse et s’en va au pas de course n’osant plus rien dire.
Jeune? ouai. Poli? pas forcément.
Bill se redresse et scrute la rue de son regard de charbon.
Se maquiller ? Oui, mais à la base ce n’était pas par plaisir.
Il avait commencé pour cacher les cernes et ses paupières virant au noir à cause de son Amie.
Son Amie comme il l'appelait, la seule dont il avait besoin, la seule qui le rendait heureux, la seule qui ne l’abandonnait pas, si puissante et pourtant si éphémère…
Elle consistait en une seringue et quelques autres bricoles. Pour lui elle valait mieux que n’importe qu’elle relation sociale.
A part le sexe bien entendu. Des copines ? il en avait à la pelle.
Son look plutôt sombre et androgyne attirait les minettes à la recherche de nouvelles sensations.
Toutes sortes de rumeurs circulaient à son sujet.
Certains le prenaient pour un fan de bondage, de SM et autres techniques plus ou moins originales.
Il continuait à marcher de rues en rues puis de rues en ruelles avant d’arriver dans un quartier plutôt mal famé, poubelles renversées, chats se battant pour un morceau de poulet, clochards leur lançant des cannettes vides…




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